Chapitre Deux: Tom POV
C'est quelques chatouilles sur le nez qui me sortirent du sommeil. Ca avait été un sommeil doux, bourré de... de ces p'tites choses qui font qu'on se sent bien en se réveillant. Vous me suivez? Je suis sûr que vous voyez de quoi je parle. Bref, je n'avais jamais été d'aussi bonne humeur, je crois. Mais, paradoxalement, je ne me souvenais pas d'avoir ressentis un jour une peur aussi intense que celle avec laquelle je me réveillais ce matin. Bill, l'auteur, bien évidemment, des chatouilles sur le nez, se rendit rapidement compte que quelque chose clochait en moi.
- Qu'est-ce qui ne va pas, Tom? Me demanda-t-il avec sa voix plus douce qu'une crème.
Il me regardait avec, dans les yeux, un mélange d'inquiétude et, étrangement, une sorte de folie. C'était comme s'il était complètement décallé avec la réalité, qu'il avait loupé une marche ou qu'il avait sauté une page. Je me demandais bien à quoi il pensait, en ce moment même. Je ne comprenais pas pourquoi il me regardait de cette façon.
- Je ne sais pas, répondis-je. Je... il y a...
Il y avait un malaise. Un gros malaise. Je ne savais même plus bouger. Nous étions dans la même position qu'hier soir, allongés tout les deux sur le côté, face à face, les yeux dans les yeux. Et enlacés. Ho mon Dieu! Enlacés! Comme si c'était fréquent que des jumeaux dorment ainsi!
- Pourquoi t'es si gêné? Me demanda encore Bill.
Je ne pouvais pas le dire, mais je le savais. C'est au fond de moi que tout se passait. C'était cette voix qui disait "Attention, tu joues à un jeu dangereux. Attention, ça va te retomber dessus un jour ou l'autre". Vous avez certainement dû déjà l'entendre, un jour, en mentant à votre mère. Mais là, c'était encore plus fort. Il y avait une amertume, comme un souffle d'haleine amère, qui se posait sur moi. Comme une mise en garde. Non, moi et Bill, on n'avait pas le droit de faire ça. On n'avait pas le droit de s'aimer avec tant de... de passion. Passion, ce mot me faisait peur.
- Tom, quoi?! Arrête de trembler. On n'a rien fait de mal.
Non, mais je crois qu'on s'est fait du mal à nous-même. Je n'arrivais pas à lui parler. Je n'arrivais pas à exprimer mes pensées. Et du coup je le laissais dans l'incompréhension. Et je savais très bien que ça allait me "retomber dessus un jour ou l'autre".
- On n'a tué personne! Continua-t-il en souriant. Et puis merde on a qu'à en rester là si ça te gêne.
Non! C'était justement ça le malaise! Je ne voulais pas en rester là! Je voulais encore goûter à ces baisers, à cet amour plus complice que jamais. Je voulais ressentir à nouveau ce sentiment d'être perdu au milieu des mers en sachant exactement où j'étais. Maintenant que je connaissais ça, je ne pouvais plus m'en passer.
- Non, dis-je, embrasse-moi encore.
Il avait toujours cette folie dans les yeux que je ne comprenais pas. Et ceux-ci s'agrandirent à l'entente de ma demande, ou plutôt de mon ordre qui débordait d'envie. Un sourire illuminé lui fendit les joues, et il plaqua presque violemment ses lèvres sur les miennes. Aussitôt, je décollai. J'avais chaud et froid, j'étais heureux et malheureux, je l'aimais et le détestais tout autant. Allez savoir pourquoi. C'était peut-être le fait de me retrouver en pleine océan qui me faisait cet effet là, et que mes pieds étaient à des centaines de mètres au-dessus du sol. C'était comme si je volais, mais pas exactement puisque je flottais au milieu de nulle part. Nulle part ou partout, comme vous voulez. Je flottais un peu à la manière d'un fantôme n'ayant rien d'autre à faire que de se laisser porter par les vents et d'affrayer les gens sur son passage. Mais moi, je m'effrayais tout seul. J'étais mon propre fantôme. Je me faisais peur et je me faisais du mal. Et je savais que Bill ressentait la même chose, sauf qu'il y avait en lui une folie qui mélangeait tout ça. Ca faisait froid dans le dos.
Quand Bill se détacha de moi, restant du moins tout près de mon visage, il souriait toujours. De contentement ou de folie? Je répondrais les deux.
- J'ai un truc à te dire, me confia-t-il un peu à la manière d'une fille qui s'apprêtait à déballer la nuit de sa première fois au lit à sa meilleure amie. J'ai toujours voulu que tu m'embrasses.
Que voulez-vous que je dise après ça? C'était une déclaration d'amour?!
- Ha?! Fis-je bêtement.
- Oui! Répondit Bill en trépignant. Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais j'ai toujours voulu savoir ce que ça faisait.
- Et ça fait quoi?
- C'est encore mieux que ce que j'avais immaginé. Mais...
Il marqua une pause, ce qui eut pour effet de donner le coup de départ d'un marathon que mon coeur se prit à entreprendre. Et Dieu que ça me torturait la poitrine!
- Mais quoi? M'impatientai-je.
- Mais c'est... bizarre, poursuivit-il en perdant son sourire.
- Bizarre?
Il n'avait pas tord, après tout.
- Oui. Je veux dire que... ça fait peur. Plus peur que ce à quoi je m'attendais. Comme si je rentrais dans une cage dorée, qui semble être le Paradis, tu vois, où je ne manquerais jamais de rien. Mais je ne pourrais plus jamais en sortir.
- Je ne te suis pas, là.
- C'est pas grave... dit-il.
Et il se tassa dans la couette, comme si moi-même je lui faisais peur.
Bill POV
Pourquoi ne me comprenait-il pas? Je ne savais pas comment lui expliquer, car je n'avais jamais eut à le faire. Il m'avait toujours compris rien qu'en me regardant dans les yeux et nous nous étions toujours passés d'explications sans queues ni têtes. Pourquoi est-ce qu'aujourd'hui je devais lui expliquer?! Je crois que tout était en train de changer. Nous étions sur une plaque tournante qui n'était pas prête de s'arrêter. Pour tout vous dire, j'avais déjà la tête qui tourne.
Comme je m'éloignais de lui, il se rapprocha de moi, comme si nous étions attachés et qu'il ne pouvait pas faire autrement que de me suivre.
- Si c'est grave, dit-il en se blotissant contre moi. C'est quoi cette cage dorée?
- C'est nous, lui répondis-je. Et le reste... c'est le monde. Tu vois?
Je ne sais pas s'il voyait ce que je voulais dire. Mais Tom, fait un effort! Ce n'est pas si compliqué!
- Oui, dit-il simplement.
- Je pense que si on continue, et qu'on nous voit comme ça, on va nous prendre pour des fous, des monstres. Et on se retrouvera tout seul. On sera refermé sur nous-même, vu que personne ne voudra plus de nous. T'imagines s'ils apprennent ça?! T'imagines la tête de Georg et Gustav? De David? Des fans? De papa et maman?!
- Ca reste à voir, tu sais. S'ils nous aiment, ils nous comprendront et ils feront un effort.
Je secouai la tête en signe de désaprobation.
- C'est pas possible. C'est pas normal, ce qu'on fait. Tom, on est pas normaux!
Il savait qu'au fond j'avais raison. Et la réalité semblait lui être soudainement tombée dessus comme un oeuf sur la tête. Il était encore plus perturbé. Mais c'est peut-être la peur qui lui donna cette idée:
- On est pas obligé de le dire aux autres.
Je tombai moi-même dans l'eau chaude de cette nouvelle vérité bien agréable à se faire savoir.
- C'est vrai! lui dis-je en souriant.
Et c'était peut-être... non. C'était certainement à cause de cette vérité là que nous nous sommes dis que, oui, si personne ne savait notre secret, nous n'étions pas obligés de nous arrêter là.
Alors nous avons continué. Personne ne s'étonna de nous voir sortir tous les deux de ma chambre. L'un ou l'autre venait souvant, le matin, causer un peu avec son frère. Ils pensaient que nous n'avions fait que causer. Tant mieux, non?
- Vous avez vraiment l'air d'avoir la tête dans le cul, dit Georg en nous voyant sortir de la chambre avec nos sacs à la main. Vous avez pas bien dormit ou quoi?!
- En ce qui me concerne, dis-je, j'ai trop bien dormi.
- Je crois que moi aussi! Dit Tom en souriant.
Il m'adressa un regard que seul moi pouvait comprendre, bien évidemment. Toutes nos peurs s'étaient volatilisées, grâce à cette vérité qui disait qu'on pouvait continuer en se cachant. Il n'y avait plus que le stress de se faire prendre.
- On a du mal à se réveiller, si tu préfères, tellement on était bien! Dis-je pour éclairer Georg.
- Bon vous venez le bus nous attend! Cria David à l'autre bout du couloir.
On se précipita tous vers l'ascenseur, puis dans le bus. Arrivé là, nous allâmes nous assoire - le groupe - dans le petit salon télé du fond.Moi, j'étais à côté de Tom, et Gustav et Georg étaient assit l'un à côté de l'autre de l'autre côté de la table qui nous séparait. Elle était géniale cette table. Elle me permettait d'enlacer la main de Tom dans la mienne sans que Gustav et Georg ne nous voient. Tom sursauta quand je lui pris la main. Je me dû me retenir de rire quand il me lança un regard mi-colérique, mi-attendrit.
- Il se passe quoi, là? Demanda Gustav en nous voyant.
- Il se passe que je taquine Tom à porpos de sa dernière conquête, répondis-je.
- J'étais...
- Bourré, on sait! Le coupai-je dans son explication.
- Sérieux Tom, j'avais jamais vu un croisement entre un cochon et un canard! S'écria Georg en éclatant de rire.
- Insulte pas les cochons et les canards! Dit Gustav en pouffant.
Tout le monde riait, sauf Tom qui boudait et qui avait lâché ma main pour croiser les bras. Il faisait une moue à se rouler par terre. C'était drôle à voir! Il était presque mignon comme ça. Si bien que j'avais envie de lui faire un bisou. Et je lui en fit un sur la joue, bref et significatif. J'avais l'habitude de lui faire ces petits "smacks" quand il boudait. Mon geste ne paru donc pas du tout déplacé. Tant mieux, non?
- Allé Tom, on te pardonne! Dit Georg. Ca arrive à tout le monde les mauvais coups!
- Ha non, pas à moi! Dis-je.
- Toi, il ne t'arrive jamais de coups tout court! Pouffa Georg.
Tom n'avait toujours pas bronché alors que nous trois, nous nous étouffions de rire. Je m'arrêtai bien vite et, avec ma main, je fis un petit bonhomme (vous savez, dont les jambes sont l'index et le majeur) qui monta jusqu'à son épaule. Puis il sauta sur son nez et le pinça très fort.
- Aïeuh! Dit-il en repoussant ma main. Toi, je vais t'apprendre les bonnes manières!
Il me poussa sur le canapé et je tombai allongé. Puis il monta à moitié sur moi et commença à me chatouiller le ventre. Je me mis à me tortiller tel un asticot en poussant des hurlements de rire. Tom savait que je ne supportais pas ce supplice, alors il continuait bel et bien, avec un sourire à moitié sadique sur les lèvres. J'avais vite chaud, trop chaud. Plus chaud que d'habitude. Mais persone, sauf Tom bien sûr, ne remarqua quoi que se soit. Tant mieux, non?
Tom POV
Bill était tout rouge, un véritable poivron. Et quand je me rendis compte de ma position sur lui, je crois que je devînt vite plus rouge qu'une écrevisse, moi aussi.
- Vous avez finit vos conneries? Dit Georg qui se remmettait d'une crise de rire, dû probablement aux hurlements de Bill comparables à ceux d'une fille.
- J'vais arrêter, je crois, dis-je. Bill menace d'exploser tant il a chaud!
Et moi aussi, vingt Dieux!
- Il est pire qu'une chaudière poussée à plein régime! Dit Gustav.
- Originale, comme comparaison! Remarqua Georg.
Heureusement que c'était dans notre nature de nous chamailler, et d'en avoir chaud. Tout passait inaperçu. Tant mieux, non?
Et voilà! J'espère que ça vous plaît toujours! Bon pour l'instant il ne se pas grand chose. Mais ça va venir. Oui, ça va venir... 40 com's au moins pour la suite ^^. Suite que devrait être là ce soir!